Accueil Pop Culture Entretien avec Le chroniqueur Jeff-Patrick Ekomy nous a décrypté la carrière de Sly’A

Le chroniqueur Jeff-Patrick Ekomy nous a décrypté la carrière de Sly’A

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Sly'A

Avec son nouveau single Fire game sorti il y a quelques semaines, Sly’A tente un retour au devant de la scène après plusieurs mois d’absence.

Jeff-Patrick Ekomy d’Afro’Chroniq nous a décrypté la direction artistique de Sly’A, de ses moments forts aux changements qui pourraient bien booster sa carrière !

 

Jeff-Patrick Ekomy d’Afro’Chroniq

 

1/ Avec son dernier clip Fire game, Sly’A peut-elle revenir au devant de la scène ?

Je pense qu’elle aura du mal avec ce titre, même s’il est plus qu’évident que le label fera un travail promotionnel derrière. Le problème n’est pas le talent ou la beauté du visuel (très beau travail de Fabass et d’Imepa Design) mais l’identité artistique de Sly’A, parfois même jusqu’à la structure de la musique.

Savoir comment placer un couplet et un refrain entraînants c’est tout un art. Après Wull’ma et Na N’de, selon moi il sera un peu difficile au le public d’accrocher à Fire Game.

 

Instagram Sly’A

 

2/ Et si on revenait sur les moments forts de sa carrière ?

Pour avoir suivi sa carrière depuis ses débuts avec Ekivok à sa signature chez AFJ productions, je dois dire que le vrai moment fort est sans doute le grand saut vers une carrière solo avec Dream Empire. Un saut quelque peu chaperonné par Sir Sossa et il en est sorti un hit : Wull’ma !

Ensuite je parlerais de sa signature avec AFJ qui présageait une grosse évolution artistique pour elle. Voilà deux moments forts de sa carrière selon moi.

 

3/ Peut-on parler d’une fracture trop brutale avec Dream Empire ?

Moi je parlerais plutôt d’une fracture trop brutale avec Laurent Sossa. Je pars d’une théorie que j’appelle les « 30% », je m’explique : au Gabon on fait rarement du développement artistique et Sossa avait entamé un bon processus de développement avec Sly’A, d’abord sous Ekivok.

Je pense qu’il avait beaucoup d’impact, il dirigeait sûrement les poses de voix au sein du groupe, les ordres de passage en plus des prods. Travail qu’il a poursuivi sur Dream Empire avec le hit Wull’ma, en étant encore une fois de plus à la prod .

Laurent n’avait développé que 30% du potentiel de Sly’A que déjà AFJ l’a signée. mais comme je disais plus haut ils n’ont signé que 30% du potentiel développé par Sossa, donc en effet c’est brutal et ça se ressent énormément dans sa musique.

 

Instagram Sly’A

 

4/ Deux ans après Wull’ma, peut-on parler d’une évolution depuis sa signature à AFJ Production ?

En terme d’image c’est irréfutable, AFJ abbat un travail monstre, mais globalement pas tant que ça. Elle serait en indépendant tout en travaillant avec de bons réalisateurs elle atteindrait probablement ce même niveau.

Sly’A est belle et talentueuse mais pas encore assez expérimentée. Elle vit encore son rêve éveillée, il faut juste qu’elle soit mieux marketée pas seulement financièrement mais artistiquement aussi.

 

5/ Elle s’est construite une communauté assez importante sur les réseaux, comment qualifierais-tu sa fanbase ? Qui écoute Sly’A aujourd’hui ?

les Ouloulous de Sly’A écoutent sa musique, apprécient ses performances vocales, sa fougue mais surtout adorent ce qu’elle dégage et sa plastique, elle le sait et en joue !

Sa néo-fanbase la découvre sous AFJ parceque c’est réellement à ce moment là qu’elle commence à les recenser si je puis dire. Mais parmis ses fans, il y’a les inconditionels d’Ekivok et ceux qui ont fait la transition avec Dream Empire. Va falloir qu’elle renoue le contact avec toute cette communauté car ce sont les fans de la première heure, sauf qu’on les oublie un peu.

 

6/ Avec son style musical actuel, peut-elle réellement toucher un public hors du Gabon ?

Selon moi, je pense que Sly’A a un peu le syndrome de Shan’L. Il est difficile de la mettre dans une case ou dans un style propre à elle. D’où je parlais plus haut d’identité, elle était encore en développement, probablement sur le point de se trouver artistiquement quand elle a été signée chez AFJ et là on est un peu dans une sorte de montagnes russes.

Alors qu’on ne s’y trompe pas, le mixage entre langue ipunu et français est juste parfait pour elle mais musicalement il faut le bon alliage pour pouvoir être prête pour attaquer l’international, mais croyez-moi elle en est capable !

 

Instagram Sly’A

 

7/ Quels sont les changements dans sa D.A qui pourraient impacter positivement sa carrière ?

J’aime également proposer des solutions aux artistes et en ce qui concerne Sly’A, l’équation est plutôt simple !

• Sortir un E.P serait un bon test pour son public et permettrait d’apprécier les statistiques de consommations (streams / physiques).

• Travailler de nouveau avec Sossa permettrait de hyper les fanbases d’Ekivok, de Dream Empire et celle de l’ère AFJ. Qui sait, en collaborant de nouveau ensemble il en a sortira peut-être un autre hit ?!

• De plus, j’aurais appris que Warren Jazz donnerait quelquefois des coup de main au label AFJ en terme de D.A, il serait bien de les mettre en studio ensemble ça pourrait donner des étincelles, comme il l’a fait avec un ancien natif du groupe Ekivok : JOX !

• Et enfin, arrêter avec les intervalles de sorties trop prolongés. On ne peut pas nous vendre Sly’A comme une artiste confirmée alors qu’elle cherche encore sa voie. Pour la trouver, elle devrait multiplier les sorties, les covers, les collabs, les café-concerts etc.

Sly’A a une voix d’or, c’est une digne représentante de la culture Punu, il faudrait bien vendre cet aspect. De plus, elle est encore jeune, elle a droit à l’erreur mais pour ça il faut qu’elle ose des choses.

 

8/ À une époque où le buzz est vendeur, Sly’A n’est-elle pas aussi victime d’une image trop lisse ?

Sly’A est comme je disais plus haut, vendue comme une artiste expérimentée et confirmée alors que ce n’est pas le bon créneau. Elle est un peu comme une Ariana Grande, vendue comme une star de la pop avec de l’expérience alors qu’elle possède juste une voix magnifique. Sauf qu’Ariana Grande a toute une industrie derrière et une image bien maîtrisée.

Sly’A peut avoir une image glamour/sexy tout en restant loin des buzz et en privilégiant sa voix. Son équipe doit mieux redéfinir sa trajectoire, le tout sans buzz inutiles.

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