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L’oeuvre de MAALOUF…

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Celui qui n’a pas lu Amin Maalouf n’a pas encore savouré les délices de la littérature contemporaine. Elu à la très prestigieuse Académie française en 2011, Maalouf est un écrivain franco-libanais. Né en 1949, son ascendance arabe et chrétienne orientale, puis son installation en France permettront à ce journaliste économique de se forger une multiculturalité d’envergure mondiale. Ayant touché l’altérité du doigt, Maalouf est chrétien dans un orient fantasmé musulman, et arabe –donc présumé musulman- en Occident, il est de cette catégorie de chiroptères humains, partout chez soi et nulle part chez soi.

Les livres de Amin Maalouf transcendent les frontières de la politique, de la géographie, du genre, de la croyance, pour se positionner comme une littérature universelle de coloration humaniste.  Il se dit volontairement inspiré par l’auteur de David Copperfield, sir Charles Dickens, mais aussi de l’humaniste Albert Camus, du russe Tolstoï, du poète persan Omar Khayyâm, mais aussi fervent admirateur du maitre de la biographie, le globe-trotter (avant l’invention de l’anglicisme) Stefan Zweig.

Chroniqueur et chercheur méticuleux, le livre, le manuscrit, l’indice… sont des pivots des romans de Maalouf, et souvent l’objet poursuivi, comme une connaissance insaisissable :

  • Léon l’Africain (1986) est petit-fils d’un libraire en Andalousie, auteur d’un livre sur l’Afrique. Envoyé en mission diplomatique avec son oncle jusqu’à Tombouctou, il rédige un dictionnaire de langues ainsi que des poèmes. En captivité à la cité du Vatican, il est contraint de traduire des livres en arabe. C’est dans ce roman que nous pouvons tirer cette grande sagesse : « Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre est vaste. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les croyances », on ne doit donc pas changer pour les autres, mais les enrichir de notre différence.
  • Dans Samarcande (1988) sans doute l’un des meilleurs livres qu’il m’a été donné de lire, l’intrigue entière tourne autour du manuscrit d’Omar Khayyâm, poète, astronome et médecin persan. Son manuscrit des Robayat, dont dit-on les meilleurs poèmes de l’histoire de la poésie, traverse le temps depuis le Moyen-Âge, les guerres, les interdits, et  qui sera finalement perdu dans le naufrage du Titanic en 1912.
  • Dans Le rocher de Tanios (1993), un autre chef d’œuvre de la littérature, c’est sur la base des archives et d’un manuscrit d’un pasteur de village que l’auteur va nous livrer l’épopée de Tanios, dont les cheveux ont blanchis à l’âge de 15 ans suite à une violente émotion. D’intrigues en intrigues, on ne comprend la complexité des hommes que par cette sentence tirée du livre: « La parole du sage s’écoule dans la clarté. Mais de tout temps les hommes ont préféré boire l’eau qui jaillit des grottes les plus obscures. »

A nombre de ses personnages, Maalouf donne un caractère attachant, savant et intelligent. Tous ses héros sont des modèles d’universalité, d’humanismes et d’érudition. Ce sont des personnages loin des antis modèles, qui nous poussent, à travers le récit de leur vie, à reconnaître Maalouf comme un conteur hors pair.

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