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Malick Sidibé : L’œil de Bamako

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Le photographe Malick Sidibé a été dans les années 1960-1970, le révélateur de la jeunesse malienne. À quelques semaines de la 11ème édition des Rencontres de Bamako (du 2 décembre au 31 janvier 2018) BadGyal revient sur le parcours de celui qui fût surnommé l’œil de Bamako.

Malick Sidibé est né en 1935 à Soloba, d’une famille peule dans un petit village du Mali. Remarqué pour ses talents de dessinateur, il est admis à  l’école des Artisans Soudanais de Bamako, d’où il sort diplômé en 1955. Il fait ses premiers pas dans la photographie auprès de « Gégé la Pellicule » et  En 1962 ouvre son petit studio à Bagadadji où il restera jusqu’à sa mort.

© Studio de Malick Sidicé à Bagadadji (Bamako Mali)
© Ensembles de boîtes dans lesquelles Malick Sidibé range et classe ses négatifs dans son studio de Bamako

Il va devenir l’œil de toute une jeunesse qui vient se montrer dans ce quartier animé au cœur de la capitale. Le photographe a 27 ans. Il incarne le grand-frère de cette jeunesse qui s’éclate dans ces premières années de l’indépendance. Son secret, l’immense modestie et l’extrême gentillesse de ce Peul qui, enfant, gardait les troupeaux en brousse, avant d’aller se perfectionner dans l’art du dessin puis de la photo à l’école des blancs.

Il s’implique dans la vie culturelle et sociale de la capitale, en pleine effervescence depuis l’indépendance. Devenue une figure incontournable, très apprécié par la jeunesse, Malick Sidibé est présent dans toutes les soirées où les jeunes découvrent les danses venues d’Europe et de Cuba, s’habillent à la mode occidentale et rivalisent d’élégance.

En 1957 il est le seul reporter de Bamako à couvrir tous les événements, fêtes et surprises-parties. Le samedi, ces soirées durent jusqu’à l’aube et se poursuivent le lendemain au bord du fleuve Niger. De ses reportages de proximité, Sidibé rapporte des images simples, pleines de vérité et de complicité. Une insouciance et une spontanéité, une ambiance de fête, de jeux, de rires, de vie se dégagent de ses photos.

Les premières Rencontres africaines de la photographie à Bamako en 1994 permettent à Malick Sidibé d’accroître sa réputation. Il expose alors dans des galeries en Europe (comme la Fondation Cartier à Paris), aux États-Unis et au Japon.

© Extrait de Bamako 1962-1976, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, France (la première exposition internationale de Malick Sidibé en 1995)

Malick Sidibé a reçu plusieurs distinctions au cours de sa carrière. En 2003, il reçoit le prix international de la Fondation Hasselblad. Il est le premier africain à recevoir ce prix.

• Le 10 juin 2007, il reçoit un Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière à l’occasion de la 52e Biennale d’art contemporain de Venise.

• Le 23 juin 2009, il remporte le prix Photo España Baume & Mercier 2009 pour son travail de portraitiste et, la même année, le World Press Photo dans la catégorie Arts and Entertainment.

Il décède l’année dernière, le 14 avril 2016 à Bamako des suites d’un cancer.

Comme pour boucler la boucle la Fondation Cartier pour l’art contemporain qui permis sa première exposition international lui rend un dernier hommage a travers l’exposition « Mali Twist » qui revient sur 260 œuvres et archives inédites rassemblées pour l’événement, soit le plus vaste ensemble de tirages vintages jamais réuni de l’artiste.

Nous proposons de découvrir ci-dessous des extraits de l’exposition « Malick Sidibé Mali Twist », qui se déroule du 20 octobre 2017 à février 2018, Fondation Cartier pour l’art contemporain. Ouvrage d’accompagnement conçu et dirigé par André Magnin en collaboration avec Brigitte Ollier.

© « Boxeurs », 1966 (Galerie Magnin-A, Paris)
Combat des amis avec pierres au bord du Niger, Malick Sidibé, 1976. © Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
Malick Sidibé, 1973. © Courtesy Galerie Magnin-A
© « Yokoro », 1970 (Galerie Magnin-A, Paris)
Regardez-moi, Malick Sidibé, 1962. © Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
Malick Sidibé, Mon chapeau et pattes d’éléphant, 1974. © Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève
Malick Sidibé, À la plage, 1974. © Courtesy galerie du jour agnès b.
© La Fondation Cartier consacre une grande exposition rétrospective sur le travail de Malick Sidibé du 20 octobre 2017 au 25 février 2018.
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